Deutsch

Bericht aus Südamerika von Herrn Beyer, Juni 2019

Bonjour l’Ecole Allemande!

J’espère que vous allez tous bien en cette fin d’année scolaire qui approche à grand pas! Vous êtes sûrement tous très occupés, car qui dit fin d’année scolaire dit examens pour vous chers élèves, et organisation, préparations et corrections  pour vous chers collègues. Néanmoins, après mes premières nouvelles d’Asie, j’aimerais vous informer de la deuxième partie de mon voyage, en espérant que vous aurez un petit moment pour me lire! Je vais donc essayer d’être bref (ce qui n’est pas facile tant il y a de choses à raconter)!

Après l’Asie donc, je m’envole pour l’Amérique du Sud, mi-janvier, avec plusieurs idées en tête. Tout d’abord parcourir le continent du sud au nord et découvrir de nouveaux pays, paysages et cultures. Mais aussi continuer mon activité pour l’organisation My Green Trip (ramassage de déchets sauvages, comme expliqué dans mon premier article). De manière plus large, observer l’état de notre planète, comprendre les menaces qui mettent en péril son équilibre et ce que l’Homme met en place pour les contrer. Et enfin, apprendre un peu l’espagnol, la langue parlée sur la quasi-totalité du continent. Tout un programme !

Première étape, l’Argentine et sa capitale Buenos Aires, où je commence par trois semaines de cours d’espagnol dans une école de langues. Eh oui, je me retrouve sur le banc des élèves et apprends les bases d’une langue qui me sera très utile par la suite (car sur ce continent, presque personne ne parle anglais) ! Petite parenthèse : si vous maîtrisez déjà bien le français, l’apprentissage de l’espagnol est assez rapide. Il s’agit en effet de deux langues cousines, toutes deux issues du latin ! (En voilà une bonne raison, entre autres, pour bien suivre les cours de français à l’école, eh eh…).

Je me rends ensuite en Patagonie, au sud du pays. Formidables paysages : lacs, montagnes, forêts de pins majestueux, glaciers, etc. La petite ville de Bariloche, où je passe plus d’une semaine, est surnommée la ¨petite Suisse¨ en référence au chocolat qu’on y produit ! Les Argentins aiment leur nature et leurs parcs nationaux : là-bas, on ne plaisante pas avec les déchets sauvages et nombreux sont les panneaux incitant à emporter ses déchets avec soi lors de ses balades et randonnées.

D’un autre côté, je constate avec amertume que le moindre produit de consommation est suremballé. Je suis aussi choqué qu’on me serve un simple empanada (une spécialité locale, au passage délicieuse !) avec la moitié de la pile de serviettes en papier. Est-ce vraiment nécessaire ? Consommer-jeter-polluer. Alors j’essaie de refuser cette logique destructrice ! Refuser : les sacs en plastique, les boissons à emporter, la pile de serviettes en papier, etc. ! Et utiliser à la place mon sac à dos, gourde et tout ce qui peut être utilisé le plus longtemps. Ce petit geste pour la planète peut paraître simple mais si on s’y met tous, c’est efficace.

Mon voyage me mène ensuite au nord du Chili et au Pérou. Je traverses des déserts perchés à 4000 mètres d’altitude, des lacs de sel, des paysages lunaires et même des canyons ocres, on se croirait en plein western ! Dépaysement garanti. Quelques cactus, pas d’arbres et surtout, des pierres, de la roche, bref un champ de minéraux aux couleurs éblouissantes. Au cours d’une belle balade en mountain-bike, je croise une dame, gardienne d’un sentier, qui m’éclaire sur une autre problématique de taille : l’extraction minière. Mais qu’est-ce donc ? Et bien il s’agit de creuser dans la montagne, à l’aide de procédés très coûteux en énergie et en eau, à la recherche de métaux rares comme le lithium, indispensable aux téléphones portables, ordinateurs, etc. Quel est le problème me direz-vous ? L’extraction est certes nécessaire au fonctionnement de toutes nos technologies mais c’est la surconsommation et surproduction qui pose problème. Ainsi, on assèche des régions qui ont déjà très peu d’eau, on émet des gaz à effet de serre, et on déverse des composants toxiques dans les sols et rivières voisines (de nombreuses opérations chimiques sont nécessaires pour extraire ces métaux). Sans compter qu’on défigure les montagnes et détruit l’habitat de nombreuses espèces d’animaux et aussi de l’Homme. Ça en fait quand-même des problèmes ! Tout cela me fait réfléchir : aurai-je vraiment besoin du nouvel Iphone 10 (bourré de ce genre de métaux) au prochain Noël ? Le mien ne fonctionne-t-il pas encore très bien ?

Après un bon mois passé au Pérou, durant lequel j’aurai notamment visité le fameux Machu Pichu, je continue toujours en direction du nord et me retrouve logiquement en Equateur. Le pays est l’un des plus petits d’Amérique du Sud, mais il est grand par sa biodiversité (en gros la quantité d’espèces animales et végétales qu’on peut y rencontrer). Cela vient en partie de sa variété de paysages : côtes et îles aux plages de sable fin, plateaux andins et pics de 6000 mètres d’altitude et enfin une jungle appartenant à l’Amazonie. Ce qui me plaît par-dessus tout, c’est tout ce vert ! Beaucoup d’arbres et de forêts donc… Après un petit passage sur les îles Galapagos, où je croise tortues géantes, éléphants de mer, oiseaux à pattes bleues, poissons multicolores et mêmes quelques requins, je pars à la conquête de la terre ferme. Côté mer comme côté terre, quel spectacle ! Un feux d’artifice pour qui aime la nature. Mais, vous l’aurez peut-être deviné, je dois encore une fois ici parler des problèmes environnementaux, et un en particulier. L’Equateur (mais aussi les autres pays sur le territoire amazonien comme le Pérou ou le Brésil) fait face à une déforestation massive. Les raisons de ce désastre ? Le besoin de terres pour l’agriculture (notamment des monocultures de soja qui servira à nourrir le bétail en Europe…qui finira dans nos assiettes), l’exploitation du bois mais aussi et surtout l’exploitation du pétrole. Car son sol en contient d’énormes réserves ! Conséquences : en coupant les arbres, on prive les animaux de leur habitat et ils finissent par disparaître. Les forêts étant les poumons de notre planète et grand capteur de C02, on en libère une grande quantité dans l’atmosphère, contribuant au réchauffement et dérèglement climatique. De plus, l’exploitation du pétrole pollue les sols, les rivières et nappes phréatiques à proximité, causant  cancers et déformation des bébés des populations locales..

Tout cela me laisse songeur. L’Equateur mise sur sa formidable nature pour attirer le touriste, mais de l’autre côté, il est en train de la détruire pour des enjeux financiers. Quel paradoxe ! Si sa nature disparaît, le touriste viendra-t-il encore visiter ce pays ? Mais l’enjeu va au-delà du tourisme. Il s’agit de préserver le fragile équilibre de notre planète grâce auquel la vie, notre vie est possible. Et actuellement, tous les signaux scientifiques sont au rouge…

Je ne veux cependant pas tomber dans le discours pessimiste et alarmiste et je finirai mon article (vous me suivez encore ?) sur une note positive. Parmi les pays traversé, j’ai trouvé que l’Equateur était le plus soucieux quant à la préservation de son environnement. Je vous donne ici quelques signes d’espoir, sans ordre précis : Les îles Galapagos sont très sévèrement contrôlées et le nombre de visiteurs limité. On trouve de nombreuses incitations à ne pas jeter ses déchets dans la nature. Les élèves sont très tôt éduqués à l’environnement. J’ai aussi rencontré de nombreuses poubelles de tri dans les hôtels et auberges dans lesquelles je me suis rendu. De nombreux projets pour un tourisme respectueux de l’environnement et des populations locales existent déjà (on nomme cela l’écotourisme). Les fermes écologiques, n’utilisant que des produits naturels, se multiplient. Devant les menaces, la population s’active. Il s’agit de défendre son bien le plus précieux, la nature, qui nous donne la vie. J’essaie de mon côté de participer à cet élan et j’espère que vous en faites ou en ferez partie !

Nous sommes le mardi 4 juin 2019. Je vous écris depuis la ville de Cali (capitale mondiale de la Salsa !), dans le sud de la Colombie. Dans deux semaines, je me rendrai moi-même dans une de ces fermes pour continuer mon apprentissage de l’espagnol et m’initier à la permaculture ( une culture totalement biologique qui imite le fonctionnement de la nature). J’aurais encore tant de choses à raconter mais je vais m’arrêter là… Je vous donne plutôt rendez-vous à la rentrée scolaire prochaine pour partager de vive voix toutes mes expériences vécues !

D’ici là, je vous adresse mes meilleures salutations et vous souhaite une très belle fin d’année scolaire et un merveilleux été !

A bientôt

Yann Beyer

 

 

 

 

 

 

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